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Blog professionnel de Dominique Lahary, bibliothécaire. Mes propos n'engagent que moi.

Bribes de presse : librairie, espaces publics

Posted by Dominique Lahary le 30 août 2011

Libération, 27-28 août 2011

Pierre Rosanvallon, La société des égaux, Le Seuil, 2001 [Citation].

« Il n’y a pas de politique de l’égalité qui ne doive commencer par une politique active de la ville visant à multiplier les espaces publics et à assurer davantage de mixité sociale. »

La Voix du Nord, 20/08/2011

« Fans de lecture, ils préfèrent le Furet au calme d’une bibliothèque »

[Fin de l’article] Cet après-midi-là, l’espace rencontre était comble, les nouveaux devaient se trouver un coin lecture où ils le pouvaient. Pour Éric, 55 ans, et ses nièces, ce sera en haut de l’escalier menant à l’espace jeunesse. « On est bien ici, c’est moins individualiste qu’une bibliothèque. On regarde, on écoute, ça prend un livre, ça le repose, ça bouge ! »


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16 Réponses to “Bribes de presse : librairie, espaces publics”

  1. Aimable said

    Remarques d’Aimable :

    1. La préconisation de Rosanvallon a peu à voir avec le souci de promouvoir l’égalité mais avec la gestion des risques sociaux. « Politique de la ville » : on connaît le sens de l’expression = neutralisation des classes dangereuses – c’est-à-dire d’une réalité sociale produite par les politiques libérales de droite et de gauche (Rosanvallon les connaît bien ; il s’en est fait le chantre).

    Bonus à cette première remarque : quittez définitivement l’univers des BDP et des colloques professionnels, DL. Si vous retourniez à la production, vous seriez alors en mesure de constater que les bibliothèques publiques sont ces lieux de « mixité sociale » fantasmés par les idéologues libéraux.

    2. Prendre le diagnostic d’un journaliste pour argent comptant est digne de votre frivolité légendaire, DL. Pour votre gouverne : dans les années 80, lorsque j’étais étudiant, j’allais plusieurs fois par semaines à la FNAC pour lire sur place les livres qu’on ne trouvait pas en bibliothèque (où qu’un imbécile acquis aux dogmes du désherbage sauvage avait pilonné) – ou bien pour les chouraver (Aimable était pauvre). Je n’ai par contre jamais érigé cette pratique (partagée avec des dizaines d’autres de ma race) en morale : le « calme d’une bibliothèque », j’y aspirais sans pouvoir le trouver (avez-vous déjà essayé de travailler à la BU de la Sorbonne dans les années 1982-1993 ?). Une bib, c’est un lieu où l’on devrait AUSSI pouvoir travailler, sans être emmerdé par les cons qui « regardent », « prennent », « écoutent » et « bougent ». Pour ces derniers, le Furet est en effet bien suffisant.

    J’ai dit.

    Aiamble

  2. Yvonnic said

    Il a des fois où je me demande de quelles bibliothèques on parle, et de quelle époque surtout. Enfin, bon, on appelera ça la diversité, pour pas faire d’histoires.

    Ma bibliothèque est bruyante, totalement décloisonnée, espace musique sonorisé, coin heure du conte actif, petit vieux qui se causent en lisant le journal, gamins qui jouent sur ordinateurs et commentent leurs exploits, petits qui piaillent dans les poussettes, bruits du copieur et des imprimantes, j’en passe et des meilleures.avec beaucoup de circulation et « d’inter-générationnel » comme on dit, dans l’utilisation des espaces (espaces dont aucun n’est interdit ou réservé à une tranche d’âge, bien evidemment).

    Je ne comprends pas bien qu’on puisse à la fois déplorer les conséquences logiques de cette situation et se réjouir de notre ouverture à des publics de plus en plus variés et véhiculant des demandes de plus en plus indéfinies et complexes. On n’a pas l’un sans l’autre !

    On ne peut pas à la fois souhaiter des lieux de vraie mixité sociale et pratiquer une nostalgie de la bibliothèque d’antan, d’étude et de recherche, réservée aux élites estudiantines et érudits locaux. Dieu qu’on y était mal à l’aise, souvent mal accueilli, Etudiant, j’y venais sans plaisir, seulement par necessité. C’est cela au fond qui a changé, et que certains n’acceptent pas : le plaisir. Souvent bruyant, dérangeant, mais vivant.

    Biordel de merde,on a mis quarante ans à les ouvrir, nos bibliothèques! On ne va quand mème pas les refermer pour quelques grincheux en mal de boules Quiès ou d’ex-sorbonnards, nostalgiques honteux de lieux pétris d’un élitisme révolu !

    Les vraies bibliothèques de notre temps ne sont pas calmes et le seront de moins en moins.
    Ou alors c’est qu’elles ont quelque chose à cacher…

    Et puis quand on bouge plus, c’est qu’on est mort !

  3. Aimable said

    Yvonnic, vous parlez du « plaisir » : mais le plaisir est aussi dans l’étude et la possibilité de s’y consacrer. Par ailleurs, les précisions que vous apportez sur le fonctionnement réel des bibliothèques publiques est juste (la « mixité sociale » est un fait ; il faut être un Lahary pour l’ignorer) – et confirme ce que je constate dans mon message, soit dit en passant. Je regrette seulement que votre plaidoyer pour la « vie » exclut tout autre usage que le papillonnage, la bougeotte, la frivolité, la convivialité. S’il existe des bibs d’études où le silence est de rigueur (heureusement), il existe également des lieux conviviaux autres que les bibs. Pourquoi vouloir à tout prix faire d’une bibliothèque un hall de gare, un rade ou une galerie marchande ? Vous parlez de lieu « vivant » : que voulez-vous fuir dans l’étourdissement et le vacarme permanents ? Vous avancez votre expérience ; voici la mienne : je bosse dans une bib du 93 (c’est autre chose que le boulot pépère dans un équipement de province ou une BDP, croyez-moi), avec un public bruyant, turbulent ; c’est CE MEME PUBLIC qui réclame AUSSI le calme et la possibilité de travailler. Vous voyez, le réel est bien plus complexe que les idéologues de la modernisation le laissent entendre. Les aigris, les grincheux, ce sont eux, qui font des efforts désespérés et vains pour plier le réel à leurs fantasmes – raison pour laquelle ils se livrent depuis tant d’années à une propagande incantatoire.

    Votre ultime sortie sur « l’élitisme » est tellement stupide (il est lassant de répéter qu’exigence et respect de l’autre ne sont pas synonymes d’élitisme) que je renonce à la commenter. Ce n’est pas la première qu’on essaie, vous et moi, de s’expliquer là-dessus.

    Enfin, au risque de ruiner vos certitudes, je ne suis pas un « nostalgique honteux » d’un passé « révolu » : comme je l’ai précisé, je viens d’en bas – mais vraiment d’en bas ; les bibliothèques, je ne les ai pas fréquentées avant d’être étudiant ; et j’ai appris à faire avec leur fonctionnement bureaucratique et leur ambiance de hall de gare : quand on est du prolétariat, Yvonnic, il n’y a pas d’autre choix que de subir les conditions imposées par les gens de votre race, ceux qui fixent la norme. Quand cette norme est le n’importe quoi, on le constate et on fait avec ; mais pourquoi devrait-on consentir ?

    Aimable

  4. Yvonnic said

    Oui, la réalité est plus complexe, évidemment. Et elle l’est devenue avec cette mixité sociale, précisément. Nos publics , s’étant élargis, reflètent une hétérogénéité qu’ils n’avaient pas à d’autres époques. Tout le monde se presse dans des lieux en mutation, avec des attentes diffuses et, parfois, j’en suis d’accord, contradictoires.

    Et alors ? Reculer ? Jeter le bébé avec l’eau du bain ? Ménager chèvre et chou en tenant des discours consensuels flous et vaporeux à la Lahary ?

    Personnellement, je dis non, et je le pratique. C’est clair qu’on n’aura pas le beurre, l’argent du beurre et le cul de la cremière. Tant pis pour les mécontents. J’oeuvre pour le plus grand nombre. Point barre.
    Je n’admets pas que l’on puisse dire cette énormité « « Fans de lecture, ils préfèrent le Furet au calme d’une bibliothèque » et s’en contenter. D’ailleurs cette notion de « calme d’une bibliothèque » relève de la mythologie, du fantasme, voire d’une nostalgie malsaine, et nous en sommes d’accord, semble-t-il.

    Quand certains idéologues, qui n’ont pas assez « poussé le chariot », parlent des bibliothèques, j’ai l’impression de me retrouver au cœur de toute cette littérature, films et albums de photos très en vogue actuellement qui nous « re-fabriquent » des années cinquante sur mesure, les années bonheur, la France heureuse où les choses étaient simples et carrées. C’est la même démarche, fortement politique et éminemment malsaine. Les 30 glorieuses ne l’ont pas été pour tout le monde…

    Ne fabriquons donc pas de toutes pièces une image trafiquée des bibliothèques d’antan. Elles étaient tristes, faiblement fréquentées par un public trop homogène, fermées, lointaines, hautaines aussi. Et certes,très très calmes, à l’image de la société qui les avaient créées et qu’elles contribuaient à faire perdurer. Je les ai fréquentées étant tout gamin, j’en garde des souvenirs gris et tristes, voire violents Je ne sais même pas si la notion « d’accueil » y avait un sens précis.

    Et puis on a fait valdinguer tout ça. Mais il y a des grands soirs qui se terminent par de petits matins. On avait pas prévu le coup, pas à ce point là quand même : Figurez-vous que sous couvert de démocratisation, Mémère a débarqué, avec ses moutards à Bd, ses envies de romans du terroir, ses ados facebook, sa furia des ouvrages pratiques, ses désirs d’ateliers créatifs, bref, le populo a envahi les lieux saints. Ah, évidemment, on n’en demandait pas tant ! Y en a qui regrettent presque, semblerait-il. On met du bémol partout, on se fait médiateurs, moins prescripteurs, on parle de « recueillir la parole du public », on se fait des terreurs nocturnes à l’idée que ce public là n’aurait peut-être plus besoin de nous, un jour,pauvres généralistes envahis de technologie. Alors on laharyse, on fait dans l’incantation facile, on se re-légitimise à tout va, on technicise le discours, on fabrique des portails à coups de cœur, on frise la récupération. Attends, faut pas pousser, au début on leur a donné l’heure du conte et maintenant ils vont nous réclamer du parc d’attractions si on les laisse faire ! Alors nos technocrates maison tentent des discours de recadrage, histoire de mettre un peu d’ordre dans ce foutoir.

    Ils ont failli avoir leur chance , les récupérateurs: la fréquentation chutant à 15%, l’ex-directeur du livre brâmant « on a raté le pari de la démocratisation ». Et puis, non, voilà qu’on se met à comptabiliser les « séjourneurs », les chiffres remontent, les courbes explosent. Et tout ça à cause de tordus inidentifiables qui n’empruntent même pas de bouquins et ne demandent pas de « conseils au bibliothécaire », les gâcheurs ! Pas de pôt, non ?

    Et bien moi, je dis non aux regrets camouflés comme aux discours de rattrapage, je fonce, j’accueille, je fais avec. Pas de recul ni de compromis. 40 ans après, je ne vais pas mettre d’eau dans mon pinard !

    Vive le Furet qui bouge et les halls de gare pleins de monde et de trains à prendre!

  5. aimable said

    Yvonnic,

    Vous dites du discours de Lahary qu’il est confus. (En fait, c’est pire que ça : il a la fausse évidence et la futilité du discours journalistique – ce qui fait son succès auprès des collègues pressés.) Mais le vôtre le l’est pas moins. A côté d’un diagnostic souvent juste – et agrémenté d’images saisissantes (« pousser le chariot », ça m’a fait marrer) -, vous semblez ne pas vous rendre compte que votre critique n’accouche que d’un nouveau conformisme. Jadis, selon vous, les bibliothécaires ne se posaient pas de question sur leurs pratiques et la misère de la lecture publique. Que prêchez-vous d’autre, sinon de se prosterner devant cette nouvelle réalité, sans la questionner, parce qu’elle va désormais de soi. C’est la philosophie de l’huître : adhérer à ce qui est là, simplement parce que c’est là.

    Pour montrer l’inconsistance de votre point de vue, dépaysons-nous et prenons l’exemple de l’église – ou de la mosquée, c’est pareil : il s’agit de lieux publics ; vous pouvez y aller pour admirer l’architecture, écouter de la musique, boire un thé (mosquée de Paris) ; mais vous n’ignorez pas la destination de ces lieux, ce qui fait leur raison d’être, que vous soyez croyant ou non. Votre usage n’est ni interdit, ni « illégitime » ; c’est juste un usage possible, admis (voire voulu par l’institution) ; en aucun cas il n’invalide la destination première de ces lieux, qui est d’être des lieux de culte. Les bibliothécaires ne devraient pas penser autrement la vocation de la bibliothèque : celle d’un lieu où l’on peut se rendre pour se divertir, s’informer, discuter avec mémère (fort, toujours trop fort, parce que mémère, elle est sourde) etc. mais d’un lieu qui tire son sens et sa raison d’être de la diffusion des savoirs. Si la bibliothèque renonce à cela, elle n’a plus lieu d’être – sinon pour les théoriciens de la mongolisation des publics qui poussent au cul pour introduire (ah ! ah !) le jeu vidéo en bib (mais laissons les cons devant leur écran à zigouiller des mecs ; ils sont en passe de gagner la partie – celle de la légitimité – et l’oreille des « décideurs » (on comprend facilement pourquoi), mais comme disait l’autre, quand on est con…).

    Ce qui est rassurant : les publics, eux, voient toujours dans la bibliothèque un lieu de savoir et de culture, quand bien même ils l’utilisent pour autre chose. C’est un constat qu’on peut faire quotidiennement lorsqu’on « pousse le chariot » dans une bib de Seine-Saint-Denis – que les mêmes mongolisateurs (voyez du côté de discothecaires_fr – mais ce n’est qu’un exemple), toujours en veine de niaiseries, s’obstinent à appeler le « 9-3″.

    Aimable

    • Yvonnic said

      Nous n’avons pas la mème perception de ce que sont et sont devenues pas mal de bibliothèques. Je prétends que le public s’est déja largement approprié le lieu à sa manière et y fait prévaloir ses attentes et ses exigences. Et que nous n’y pouvons rien. Rien d’autre que de suivre le mouvement. D’ailleurs c’est ce que nous avons toujours fait : nous sommes essentiellement devenus des suiveurs. On est des éponges. Une technologie arrive, on se jette dessus, quitte à se poser ensuite la question de savoir ce qu’on en fera. Et au fond c’est comme ça qu’elles ont progressé, les bibliothèques, tant au niveau de l’image que des fonctions. Et c’est une très bonne chose!

      C’est pour ça que les coupeurs de cheveux en quatre me font doucement rigoler et que je décèle dans leurs discours une volonté de « réguler » tout ça, d’orienter, de légitimer etc…Et moi j’appelle ça des tentatives de récupération déguisée. Afin, justement, de faire en sorte , comme vous dites (mais je ne vous pensais pas aussi conservateur) que la bibliothèque reste un  » lieu qui tire son sens et sa raison d’être de la diffusion des savoirs. Si la bibliothèque renonce à cela, elle n’a plus lieu d’être « . Et vous trouvez « rassurant », le mot est lourd de sens, que « les publics, eux, voient toujours dans la bibliothèque un lieu de savoir et de culture » , en ajoutant quand mème, parce que c’est tellement évident que vous ne pouvez le passrer sous silence : « quand bien même ils l’utilisent pour autre chose ». Eh oui, bien vu : ils l’utilisent pour autre chose. Et ces choses là vous déplaisent.

      Je préfère être une huitre qui s’adapte au parc à huitres qu’on lui donne qu’une moule qui adhère peureusement à son rocher immémorial de peur d’être emportée par la marée. Vous voulez être rassuré ? Continuer de vous aggriper, la marée populaire vous emportera de toutes façons. Quand admettrez vous, vous et les vôtres, que ce n’est plus à vous, ni à nous, de définir, je vous cite : « le sens », « la vocation », « la destination première » des bibliothèques ni ce que doivent penser les bibliothécaires ! Propos contre-révolutionnaires qui vous auraient valu la guillotine à d’autres époques !

      C’est en cela que Poissenot, que vous brocardez à l’aise (c’est le nouveau snobisme ?) a fait progresser les choses : remettre les publics au centre et recueillir la parole du public sont des concepts fondamentaux, je dirais même brutaux et heurtants pour certains, qui s’imposaient. Poissenot n’a fait que regarder la réalité en face et nous projeter à la figure, en miroir, notre image professionnelle décalée par rapport cette réalité. Il a certes bénéficié pour cela d’une écoute dûe aux chiffres qui inquiétaient la profession. En période de vaches grasses, il aurait été renvoyé à ses chères études, probablement.

      C’est comme cela que le monde progresse, et le nôtre aussi, mon cher Aimable, Plus par l’adaptation et les opportunités que par le dogme et les idéologues. Et pas en traitant les usagers (on ne dit plus lecteur chez moi, c’est un gros mot) de mongols et les collègues de mongolisateurs qui se « prosterneraient devant de nouveaux conformismes ». Vous n’avez pas envie d’avancer dans le sens du courant, pour changer ? Vous avez vu la tronche des saumons quand ils ont fini de remonter le courant ?

      Et je vais vous dire un truc, rien que pour vous faire plaisir : dans ce domaine de l’adaptation au réel je pense que D. Lahary est plus ouvert que vous. Nous avons sensiblement le mème âge et nous savons bien que l’histoire des bibliothèques, pour chaotique qu’elle puisse apparaitre, n’a progressé qu’ainsi, dans l’adaptation, l’ouverture, la souplesse, la diversité de pratiques individuelles et de bonnes volontés, et pas par des positions idéologiques carrées et figées. Le problème avec lui est de deux ordres : d’abord il ne joue pas dans la mème cour que nous et sa perception de la réalité en est faussée, et d’autre part, quand il a une bonne idée, il ne la pousse pas assez, trop préoccupé de rester consensuel. C’est dommage car le bougre bénéficie d’une belle audience. Quel gâchis, quand on y songe…

      Alors que vous, mon très cher Aimable, l’arrière-garde morale, l’oeil réprobateur de nos errements, vous pouvez penser et dire ce que vous voulez, ça n’influera jamais sur l’avenir des bibliothèques. Mème pas d’un tout petit poil du cul !

      Sauf dans le 9-3 peut-être…

      • Edith Scholl said

        Plus démagogique, tu meurs !

        Je me pose cette question – sûrement naïve et déplacée – pourquoi Yvonnic avez-vous souhaité travailler dans une bibliothèque ? Juste pour contribuer à sa destruction ? Par vengeance, parce que les anciennes bibliothèques vous semblaient peu accueillantes (vous l’avez écrit plus haut), hostiles même, réservées soi-disant à une élite ?
        Si je peux faire part de mon expérience des bibliothèques – à la même époque à peu près que vous (?), je les ai fréquentées à l’âge de l’école primaire, moi qui était d’un milieu assez déshérité (enfant, on ne m’a jamais ou presque acheté de livre ; oui, Cosette, c’était moi !), et c’était avec bonheur, gourmandise même que je l’ai fait. Je m’y sentais totalement chez moi, j’en adorais le calme et cette possibilité à moi offerte de nourrir jusqu’à l’indigestion mon désir de lecture. C’était dans une banlieue populaire et le public y était composé de gens me ressemblant plus ou moins. Ah, le plaisir ineffable de pouvoir dévorer tous les Tintin et Astérix (absurdement interdits d’emprunt) dans le couloir de la bibliothèque qui était trop petite pour accueillir tous les enfants.
        La bibliothèque municipale m’a souvent sauvée de l’ennui enfant et adolescente, m’a aidée ensuite à poursuivre mes études en me procurant les ouvrages que je ne pouvais acheter ou emprunter dans les CDI ou les bibliothèques universitaires.
        Travailler dans une bibliothèque ce fut – et ça l’est encore quand j’oublie où nous en sommes – contribuer à offrir cela aux personnes qui en ont le plus besoin (comme dans mon enfance pour moi-même).
        Car ceux qui ont les moyens de s’acheter leurs livres, de disposer d’un endroit calme où travailler n’ont pas ce besoin impérieux de trouver refuge dans une bibliothèque qui n’a pas renoncé à son identité de bibliothèque (un lieu du savoir – où l’on trouve les ouvrages les plus exigeants et pas seulement les « meilleures ventes », lieu où l’on peu lire et travailler dans le calme indispensable.
        Beaucoup de personnel aujourd’hui tolère le bruit omniprésent (pas seulement en bibliothèque ; pourquoi ces musiques infâmes partout ? cf. « La haine de la musique » de Pascal Quignard), laissent les enfants faire les quatre cents coups parmi les rayons, les groupes d’ados squatter tout l’espace en en chassant les autres utilisateurs.
        Oui, cette façon de se comporter semble être le fait du plus grand nombre. Donc en bon démocrate (ou démagogue) vous prônez d’accepter, de s’adapter. Mais jusqu’où allez-vous vous adapter ?
        Il y a eu des époques pas si lointaines où la majorité se comportait bestialement (pas la peine de préciser – vous m’avez comprise) et on reconnaît aujourd’hui que le bon choix se trouvait dans la minorité qui résista à cette pente criminelle. Même si comparaison n’est pas raison, que penseriez-vous d’essayer d’envisager les choses sous cet angle, juste un instant pour voir ?

        Par ailleurs, si vous n’avez pas apprécié mon modeste commentaire, je trouve assez grotesque de votre part cette manière de se monter du col (oser se vanter de la qualité littéraire soi-disant remarquable de vos tirades ainsi que celle de votre frère ennemi Aimable (le mal nommé), en face de l’indigence de mes quatre lignes sans prétention aucune.

        Pour Aimable – dont j’ai reconnu l’identité et apprécie toujours le talent d’écriture et les idées – j’ai, par contre, été cette fois atterrée par le recours à l’obsénité scatologique et aussi par certaines déclarations d’un « narcissisme débridé » (!). D’où la référence à Audiard. Vous ne doutez de rien !
        Les démonstrations deviendraient -elles plus fortes en étant assaisonnées de muflerie, de grossièreté, de fatuité satisfaite (vous n’êtes plus à l’âge puéril de la découverte des gros mots ?)
        Ou bien tout cela n’est-il que du cabotinage d’intello pour l’un et pour l’autre un défouloir sans enjeu réel ?

      • Yvonnic Vive la récré ! said

        Je défends les bibliothèques telles qu’elles sont devenues et leurs publics tels qu’ils sont. Je ne hais ni la musique (pourquoi infâme au fait ?), ni les enfants ni les ados. Ni leurs « inconvénients ». S’adapter c’est avancer avec eux, c’est accepter la mixité sociale et ses « inconvénients ». Vos nostalgies enfantines ou estudiantines ne m’interessent pas, pour une simple raison : vous n’êtes plus simple lectrice, mais en charge de la gestion d’un espace public (enfin je suppose), c’est très différent.
        Vous cachez fort mal, derriere vos invectives vis à vis des jeunes publics notamment et la vertueuse défense du respect du « lieu où l’on travaille », le regret d’une époque en général où, comme dirait D. Lahary, il était fait « violence » à l’ensemble des publics qui pénétraient dans des bibliothèques, par toutes sortes de façons, de manière à leur faire comprendre que ce n’était pas là leur place. Aujourd’hui, ils ont pris cette place. C’est tout.

        D’un autre côté, ne caricaturez pas, comme le fait Aimable, ma position : il est clair que ma bibliothèque reçoit aussi chaque jour des lycéens et collègiens qui viennent travailler. Vous aurez peut-être remarqué qu’ils travaillent souvent en groupe, souvent assez bruyamment, et parfois les écouteurs de leur ipad sur les oreilles ou l’ oeil rivé à leur portable. Eh oui, eux aussi ont changé depuis notre époque. Triste chose ma pauvre dame !

        De toutes façons, ne jouez pas les vertueuses : vous savez fort bien que refuser ces publics et leurs « inconvénients », c’est à terme fermer votre bibliothèque. (Mais ce n’est pas de votre faute, semble t’il, c’est « le personnel qui tolère le bruit », tiens donc…). Je suis donc bien tranquille : vous ferez tout pour les conserver, avec leurs « inconvénients ». Et nous sommes tous pareils à ce niveau.

        La différence, c’est que moi je ne me cache pas derrière des discours contradictoires et moralisateurs, je ne me « contrains » pas à voir les choses en face. Nos bibliothèques présenteront bientôt toutes à peu près le mème visage. Mais leurs responsables resteront très différents : les enthousiastes et les contraints.

        Quant à vos accusations de « demagogie » ou vos allusions à l’enfance déshéritée, Cosette et compagnie, c’est tellement lamentable et dégoulinant de morale, que je préfère ne pas répondre.
        Dialoguez donc sur ce plan avec le dogmatique Aimable ou le Consensuel Lahary, ils vous feront surement bon accueil.

        Comme disait Henri Queuille, un président du conseil de la 4°, croyant faire un bon mot : « l’immobilisme est en marche, rien ne pourra l’arrêter ». Il s’est trompé, bien entendu.
        C’est pour ça que nos bibliothèque existent encore. Mais le risque est toujours présent, comme en témoignent des discours comme le vôtre. Restons donc vigilants et sachons décrypter les discours des gens sérieux et raisonnables.

        Et souvenez-vous qu’à l’époque bénie où les petits pauvres pouvaient être accueillis avec charité dans vos bibliothèques, seulement 15% des jeunes arrivaient jusqu’au bac. (1968/69)….

      • Edith Scholl said

        C’est étonnant, sieur Yvonnic, comme vous faites exprès de ne pas comprendre ce que vous lisez ?
        Je ne déclare pas du tout la musique (toute la musique) « infâme ». Et Pascal Quignard, auteur de « La haine de la musique » est lui-même un fin mélomane et même un pianiste accompli. Le propos est tout autre.
        C’est la même chose pour la détestation des enfants et ados que vous croyez induire de mes propos. Il n’est aucunement question de cela.
        Vous auriez intérêt à faire un peu de logique symbolique pour apprendre à raisonner :~).
        Déjà que la communication verbale est difficile, mais si on comprend tout de travers, on n’est pas sorti de l’auberge.
        Vous voyez du pathos dans mon petit récit autofictionnel destiné juste à contredire vos déclarations sur le côté excluant, repoussant, pour « les gens de peu » des anciennes bibliothèques, alors qu’il ne s’y trouve pas. Et la référence à Cosette, c’était juste un clin d’oeil ! Oui, oui. Visiblement, vous ne pigez pas les plaisanteries quand elles ne sont pas des blagues de corps de garde (ou de potaches).

        De même pour les personnels de bibliothèque qui tolèreraient les comportements bruyants, je n’indiquais pas qu’il s’agissait des personnels de ma bibliothèque. Il m’arrive aussi d’ailleurs de visiter d’autres lieux.
        Alors, ainsi, vous n’intervenez jamais chez vous pour calmer les enfants qui chahutent, les jeunes qui braillent dans leur téléphone ? Soyons laxistes, c’est à la mode !
        « Eduquer », pour les bibliothécaires, serait donc devenu un gros mot ? (« Interdit d’éduquer » est finalement dans la veine du stupide « interdit d’interdire ».)
        Cela relèverait sans doute de la « violence symbolique » ? (A ce compte-là, je prônerais tout à fait ce type de violence).
        Dans cet ordre d’idée, connaissez-vous le livre d’Adrien Barrot, « L’enseignement mis à mort » (Librio, 2000) ? Je vous en conseille la lecture, si vous le voulez bien, elle vous serait profitable.

        Il faut être vraiment tombé sur la tête pour renoncer (et s’en vanter) à imposer certaines règles (réglement intérieur d’un établissement) comme celles consistant à respecter le calme pour ne pas déranger les « lecteurs » – il y en a encore, une espèce à protéger de toute urgence ! Le laxisme actuel va finir par les chasser définitivement. Et aussi choisir de « choisir » (assumer la fonction de prescription) – c’est totalement fou de nier cette nécessité comme le fait DL. Si le but c’est de nous transformer en hypermarchés, l’idée est vraiment inepte (adieu charte de l’Unesco sur les bibliothèques) – ces derniers vont en plus très mal en ce qui concerne leur secteur livres. (cf. le dernier Livres hebdo).

        Mais, heureusement, on ne réagit pas partout comme vous le préconisez.
        J’ai visité cet été la belle et très moderne médiathèque Michel Crépeau de la Rochelle un samedi après-midi. Elle était pleine à craquer mais bizarrement, le calme y régnait ! Quel plaisir de pouvoir lire, visionner un film, ou bien parcourir l’intéressante exposition sur Jean-Claude Carrière – et tout cela sans être dérangé par une agitation ou un brouhaha pénibles n’ayant rien à faire en ce lieu. Si on veut du bruit, « il y a des lieux pour cela ». En fait, c’est partout ou presque en milieu urbain. Va-t-il falloir bientôt aller se réfugier dans les églises, pour accéder à un minimum de calme ? Mais il n’y a pas assez de lumière pour y lire :-)

        Cordialement.

    • Edith Scholl said

      Je ne sais pas si je fais bien (non, surement pas !) de venir parasiter votre pugilat viril, mais à parler de « cons », je pense à la tirade des « Tontons flingueurs » – « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

      Et le ton et les propos tenus (je précise : en ce qui concerne la forme, pas les idées) me paraissent inadmissibles.
      Tellement facile de se lâcher ainsi.

      Mais pour ce qui est de l’introduction des jeux vidéo, c’est sûr que les gamins se précipiteraient à la bibliothèque. Oui, et ensuite ?

      ES

      • Yvonnic Vive la récré ! said

        Chère madame Scholl,

        Vous me rappelez les annotations courroucées de la maitresse corrigeant en rouge les copies de deux gamins indisciplinés. Ce que nous sommes, chacun à notre manière.

        1) Vous avez raison, ce n’est pas bien de venir parasiter quoi que ce soit.
        2) Ce n’est pas beau non plus de se cacher derrière Audiard pour traiter les gens de « cons »
        3) Je trouve assez étrange de voir systematiquement du pugilat dans un débat dont la forme ne vous convient pas
        4) Etrange aussi, voire pathologique, de voir du « viril » partout.
        5) Etonnant de ne critiquer que la forme en laissant penser que les idées vous conviennent, sans toutefois n’en émettre aucune.
        6) Se « lâcher », comme vous dites, amène toutefois nos « pugilats » à une qualité littéraire que la pauvreté de vos annotations, qui n’ont ni fond ni forme, sont loin d’égaler, reconnaissez-le.

        Lâchez-vous chère madame. Quant à nous, (je m’excuse de parler au nom de mon collègue, qui rectifiera si necessaire), nous n’y verrons aucun inconvénient et n’y porterons en tous cas aucun jugement moral !

        Décidement ce blog est devenu n’importe quoi. C’est inadmissible !

      • Yvonnic Sale Gosse said

        Dénonciation du laxisme, des bibliotheques-supermarchés, réaffirmation de notre fonction de prescription et de notre mission d’éducation, rappel de la charte de l’unesco, etc…Tous ces poncifs, enrobés de morale indignée, sont vieux comme Hérode, je les ai entendus mille fois et je les entendrai encore. Je ne peux que vous conseiller de continuer vos visites des bibliothèques de France. Elles seules vous répondront. Et encore, vous en trouverez surement quelques unes pour vous conforter dans vos certitudes. On trouve toujours ce que l’on cherche.

        Les prescripteurs-restricteurs comme vous refusaient la bande dessinée il y a quarante ans ou en achetaient en se pinçant le nez , comme ils le faisaient pour différentes littératures dites « de genre », et personne n’y trouvait à redire. Le problème c’est qu’aujourd’hui des collègues, refusent le manga comme les jeux vidéo, applaudissent aux accès internet pour se donner bonne contenance mais regardent d’un sale oeil les ados se scotcher sur leur compte facebook, et continuent au fond de cracher en douce sur les littératures de genre. Toujours avec les memes arguments finalement. Sauf que maintenant, on y trouve à redire….

        On dira que ces temps sont révolus, que ces momies ont disparu, que l’on a beaucoup évolué, que les bibliothécaires font et ont toujours fait des « choix » qualitatifs, qu’ils assument ainsi leur mission prescriptive et éducative, et que c’est très bien comme ça. Le probleme c’est que ces arguments, , ont été instrumentalisés et dévoyés pendant des decennies par une aristocratie méprisante, pour disqualifier, hierarchiser, illégitimer certaines lectures, et que cela a vidé nos bibliothèques, empèché leur veritable démocratisation et l’émergence de lieux multiformes de véritable mixité sociale. Plutôt que de vous réjouir de trouver des bibliothèques « pleines à craquer mais bizarrement calmes », demandez vous pourquoi on en est à 15% de lectorat ! Ou sont passés les autres ? Conseil de lecture pour conseil de lecture, lisez donc « Mauvais genres, mauvaises lectures, mauvaises gens » , de Jean-Maurice Rosier.

        Je redis donc qu’il faut rester vigilant, que les momies sont toujours là et d’autant plus dangereuses qu’elles sont désormais minoritaires et sur la défensive, sentant très bien que le vent ne souffle plus dans leur sens. Dailleurs votre insistance à dénoncer ce que vous considérez comme des dérives « laxistes » (le mot vous est cher) montre bien que vous en mesurez parfaitement l’importance quantitative.
        Effectivement, puisque vous aimez les temples de la culture et que vous avez encore la naiveté ou la prétention de vous croire éducatrice-prescriptrice, il ne vous reste plus qu’à precher dans les églises. Je vous vois très bien y monter en chaire et sermonner des foules de bibliothécaires laxistes en brandissant la charte de l’unesco…

        Vous etes dans le fantasme rassurant et la caricature facile. Comme le disait Aimable en réponse à un de mes messages « Votre réponse est en effet un dur rappel au réel « . Adoptez donc le principe de réalité. Je vous en rappelle la définition : Le principe de réalité désigne dans la théorie psychanalytique de Freud la capacité qu’a l’individu d’accommoder la satisfaction de ses pulsions avec les exigences de la réalité et des règles de la société. Il s’agit donc pour l’individu d’intégrer les règles d’une réalité insatisfaisante et de sortir du domaine du rêve voire de l’hallucination. Essayez….Ah, évidemment c’est moins confortable. Le principe de réalité s’oppose un peu au principe de plaisir…
        Je ne pense pas utile de poursuivre cet échange. J’ai l’impression de faire les poussières dans le grenier.

  6. Aimable said

    Yvonnic.

    Votre réponse est en effet un dur rappel au réel – pas le réel devant lequel vous vous prosternez (largement fantasmé), mais celui que traduit le constat suivant : il est difficile d’avoir un échange sérieux, qui ne se réduit pas à la simple juxtaposition d’articles de foi. J’ai constaté (vous direz que c’est facile et qu’on pourrait me retourner la critique) qu’aucun modernisateur n’était en mesure de soutenir la contradiction ; aucun de leurs arguments ne tient la route (le fait que le discours modernisateur ait la caution d’un « scientifique » n’y change rien). A l’analyse, tout est affaire de présomption, d’hypothèses métamorphosées en certitudes, de discours performatifs. J’ai eu un échange avec Poissenot : prompt à relever les non-dits et l’inconscient professionnels ; moins pressé d’être questionné sur ses propres présupposés, sur sa démarche normative, sur sa propension à théoriser le conformisme tout en ayant l’air de mettre à mal les « tabous » de la profession. Si l’exercice avait quelque utilité, je pourrais démontrer qu’aucune – je dis bien : aucune – de ses proposions n’est nouvelle, ni pertinente et que toutes reposent sur des a priori. Il est étrange qu’un tel ressassement passe au yeux de gens de votre âge pour une révolution. Je me répète mais tant pis : je suis sans doute bien plus jeune que vous ; j’ai bossé d’emblée dans une grande médiathèque de l’Ile-de-France ; mais j’ai appris le métier avec des « vieux » de votre âge. Tous m’ont transmis des idées qu’aujourd’hui – étrange amnésie – on présente comme inédites et salutaires : mettre les publics au centre etc… Votre maître à penser est plutôt un expert en marketing : il réussit à faire du neuf avec du vieux, ou plutôt à convaincre que sa lessive, identique à celle d’hier et d’avant-hier, lave plus blanc. Mais je suis sans doute un interlocuteur trop partisan pour pouvoir émettre une critique pertinente sur son compte : alors lisez celle avancée par l’un de ses confrères (un sociologue, autrement sérieux), qui a paru dans un numéro du BBF à l’occasion d’une énième publication de CP : un démontage en règle de cette baudruche – et ce n’est pas signé Aimable.

    Je crains de vous lasser. Aussi je termine là-dessus : pourriez-vous me dire pourquoi, puisque la « réalité » est inexorable, qu’elle condamne sans appel les rétrogrades et les aigris dans mon genre et que, quoiqu’on fasse, la révolution (libérale) passera, il est si nécessaire que des gens comme vous, CP, Lahary et tutti quanti, se livrent à une propagande acharnée ? Après tout, puisque vous êtes dans le sens de l’histoire, il est vain et stupide de batailler contre les losers du métier. Alors, je redis : d’où la bande de pignoufs réactionnaires (Aimable et Cie) tient-elle le pouvoir d’empêcher que le Royaume (libéral) advienne (bien que, rappelez-vous vos propos, sa venue est imminente) ? J’avance une réponse : ce n’est pas le réel que vous décrivez et prenez pour base de votre appétit de réformes, mais vos fantasmes – ce que j’appelle l’utopie libérale (une obsession, direz-vous). Comme des enfants, les modernisateurs prennent leurs rêves pour la réalité et, comme des enfants, ils trépignent lorsque leur désir n’est pas satisfait et qu’ils se heurtent aux sanctions du réel. La preuvepar l’écrit : « Vous pouvez penser et dire ce que vous voulez, ça n’influera jamais sur l’avenir des bibliothèque » : d’où tenez-vous que mon refus ait pour objectif d’ « influer » sur quoi que ce soit ? Avoir ce pouvoir n’est pas un de mes fantasmes ; mais c’est manifestement l’un de CP (et le vôtre ?).

    A vous lire.

    Aimable

  7. Yvonnic le Trépignoux said

    Excusez-moi, et ce n’est pas une posture, mais je ne comprends pas la moitié de votre discours. Je suis un être simple et pragmatique, je ne cherche pas à être novateur, je ne vis pas de mes fantasmes, je suis ancré dans ma réalité quotidienne et je ne la refuse pas. Point barre et toutes vos invectives, adjectifs et étiquettes, n’y changeront rien. Je ne suis RIEN, mettez-vous ça en tête une bonne fois ! Et nous sommes nombreux dans ce cas !

    Poissenot n’a peut-être pas innové, peu importe :il a dit des choses justes au bon moment, et je les ai comprises et comparées à mon quotidien : ça collait bien. C’est tout. Je ne suis ni ne peut être pourri de certitudes puisque je suis simplement adaptable, je suis l’air du temps, je sens le courant et j’y entre, simplement, sans idéologie, sans préventions, sans a prioris, voire sans méfiance aucune. Je ne suis pas un « modernisateur » puisque je me tue à vous expliquer que je suis un suiveur, pas un mouton de Panurge, un suiveur curieux et enthousiaste. Un suiveur actif, pas un parloteur de l’arrière-garde. Vous sentez la différence ?

    Et encore moins un « porteur de l’utopie liberale ». Decidement, vous êtes paumé sans votre distributeur automatique d’etiquettes. Personne ne trouve grâce à vos yeux, on est tous des encartés de ceci ou de cela !, Vous-mème ,vous vous traitez de « pignouf réactionnaire ». Arrêtez le massacre, vous allez vous faire mal !

    Et naturellement, un peu de psychologie de bazar : Je ne décris pas le réel mais mes fantasmes ! C’est complet ! Faut que je change de lunettes.

    Les « vieux » dont vous parlez,avec tant de mépris, ceux qui ont permis que certaines choses avancent, n’ont rien fait d’autre que de faire preuve de curiosité et d’une certaine liberté de pensée et d’action, notamment dans leur bibliothèque, au quotidien, tranquillement, modestement, souvent sans prosélytisme.C’est tout. Et ça a suffi pour faire lentement mais surement bouger les choses. Vous manquez de recul, c’est tout.

    Ne comptez pas sur les gens de ma génération pour se « prosterner », « avoir des discours normatifs » ou « performatifs » ou avoir « des maitres à penser »! Votre charabia est ridicule et prétentieux, tout simplement. Vous êtes horriblement vieux, mon vieux! Carrément momifié ! Vos discours d’idéologue sont aussi réjouissants que la visite d’un ossuaire . J’imagine très mal comment un être équilibré peut VIVRE une bib du 9-3 au quotidien et tenir des discours aussi décalés de cette réalité. Vous etes schizophrène, c’est sûr.

    Soyez un peu simple, mon bon ami, tant dans dans votre verbiage que dans votre rapport au réel, sinon je ne peux que décrocher. Excusez-moi, je ne lis pas le BBF, c’est plein de grosses têtes qui écrivent trop petit. Comme vous êtes une petite tête qui écrit des gros mots (hi, hi !)

    Comme vous le dites si souvent à mon propos, « il est difficile d’avoir un échange sérieux ». Bon, je prends acte.

    Par contre je veux bien être un gamin qui trépigne, ça me plait bien.

    Tiens, avant la fin de la récré, vous qui pensez que c’est pas beau de faire du neuf avec du vieux (c’est pourtant comme ça que ça marche, le monde, réfléchissez un peu…), je vous livre la pensée d’un autre sociologue (je vous dis pas son nom, vous allez lui coller une étiquette) :  » Ce sont les années 70 qui ont inventé le 21° siècle ». C’est récent, son nom commence par un T. Et vous allez le detester. Là, je vous aide beaucoup.

    Allez, game over, gamin !

  8. aimable said

    Oh ! Le beau caca ! Ca y est ? Il est soulagé ?

    Aimable.

  9. Yvonnic propre sur lui said

    Quand troll énervé, troll tomber dans scatologie. Caca nerveux être symptôme du troll démasqué.

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