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Blog professionnel de Dominique Lahary, bibliothécaire. Mes propos n'engagent que moi.

Archives de la catégorie ‘Bibliothèques’

Quelques leçons d’un séjour prolongé en bibliothèque

Publié par Dominique Lahary le 21 octobre 2012

Le 26 septembre 2015, j’ai sur proposition du CA de l’ADBDP qui l’avait donné carte blanche fait l"intervention finale des 26e journées d’étude de l’ADBDP.

Sous le titre Questions subsidiaires : Quelques leçons d’un séjour prolongé en bibliothèque (départementale), j’ai évoqué sous forme d’un abécédaire quelque-uns des thèmes qui m’ont frappé depuis mon entrée en bibliothèque en 1977. J’en livrerai sans doute une version écrite.

Quelques jours plus tard, Hélène Girard, de La Gazette des communes, des départements et des régions, a souhaité réalisé une interview qui reprend l’essentiel de mon intervention et l’a publiée sous forme d’enregistrement sonore sur le site de cette revue, selon ce plan :

1.Métier
2.Catalogue
3.Collection
4.Médiation
5.Médiathèque
6.Représentation
7.Troisième lieu
8.Web
9.Numérique
10.Crise
11.Economie
12.Droit
13.Public
14.Territoire
15.Réseaux sociaux
16.Association
17.Tutelle
18.Politique
19.Millefeuille
20.Subsidiarité

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Manifeste de l’ABF, déclaration de l’IABD

Publié par Dominique Lahary le 3 mars 2012

cette période électorale est propice à la publication de positions et de manifeste, notamment sur les politiques nationales.

Hier 2 mars 2012 :

Emparons-nous de ces textes et diffusons-les sans modération.

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Bribes de presse : ma médiathèque mute

Publié par Dominique Lahary le 2 février 2012

Dans Le Monde du  21 Janvier 2012 :  « Ma bibliothèque mute », par Pascale Kremer
Reproduit ici

Aborde la question de la mutation numérique des bibliothèques.

Deux réactions :

  • de Claude Poissenot qui à juste raison remarque que l’article fait l’impasse sur la question de la bibliothèque comme espace public
  • de Yann Moix qui n’a rien compris et campe sur une représentation figée de la bibliothèque et fétichiste de la culture [hors du papier point de salut].

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Non à la ligne claire !

Publié par Dominique Lahary le 28 octobre 2011

Cette semaine où sort en salle le Tintin de Spielberg, loin de moins l’idée de condamner l’école de BD belge qu’on désigne sous cette expression, ce que rappelle la BnF ou Wikipedia  et qu’un blog célèbre. Elle a nourri ma jeunesse et mon adolescence et m’enchante encore, sans préjudice d’autres écoles.

Mais la ligne claire, c’est celle qui délimite des contours et sépare avec netteté l’objet ou le personnage du reste du monde.

Non à la ligne claire qui délimite la bibliothèque, l’enferme dans ce qu’elle est, la sépare de ce qu’elle n’est pas. Je parle ici de la bibliothèque publique, mais suppose que ma problématique peut valoir au-delà de ce champ.

A mesure que progresse dans les débats professionnels et politiques l’idée de multiplicité des usages et fonctions possibles des bibliothèques, un mouvement inverse s’exprime sous forme de rappel à l’ordre : « ce n’est pas le rôle de la bibliothèque de… ».

Cette injonction vient le plus souvent du milieu bibliothécaire, mais aussi parfois de cadres dirigeants territoriaux ou d’élus.

Elle repose sur l’idée d’une essence de la bibliothèque, qui serait menacée, qu’il faudrait protéger, et qui se maintiendrait, suppose-t-on, à travers les âges (depuis Alexandrie ?)

S’il est utile de considérer l’histoire des bibliothèques et de déceler des permanences et des filiations, les enfermer dans des contours dressés a priori n’a politiquement pas de sens.

La bibliothèque est un outil des politiques publiques locales. Ses contours peuvent varier en fonction des contextes locaux et des politiques locales.

Ici la bibliothèque abrite de l’aide aux devoirs, là ça se passe dans les maisons de quartier. Ici la bibliothèque dispose d’un espace publique numérique, là un cyberspace distinct jour ce rôle (ce qui n’empêche quand même pas de proposer à la bibliothèque des accès à Internet !). Ici la bibliothèque prête des jeux, là il existe une ludothèque séparée. Et j’en passe.

L’essentialité de la bibliothèque est, ces temps-ci, fréquemment brandie en réaction à la notion de bibliothèque 3e lieu où pour condamner l’introduction du jeu vidéo.

Tels les fixistes niant l’évolution des espèces, on trouve toujours des gens pour prétendre que l’essence de la bibliothèque précède son existence. Heureusement que nous sommes nombreux à… faire bouger les lignes.

Ce qui menacerait la bibliothèque, ce serait sa fixité.

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On peut parler vite et bien des bibliothèques à la radio

Publié par Dominique Lahary le 1 mars 2011

France-Inter, mardi 1er mars de 6h26 à 6h29, séquence Tu veux ma photo.

« Cléo, 33 ans »,  « bibliothécaire dans une médiathèque de la Seine-Saint-Denis ».

En quelques mots l’essentiel est dit, le lieu ouvert à tous, les ados qui squattent mais pas seulement, les ateliers et les rencontres avec les auteurs.

Bref,  le lieu et la médiation. La médiathèque aujourd’hui.

Bravo Cléo.

On peut (ré)écouter pendant 30 jours.

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Une bibliothèque ça ne sert (plus) à rien

Publié par Dominique Lahary le 24 février 2011

On entend de diverses bouches qu’une bibliothèque ça ne sert plus à rien.

Et pourquoi donc ? Parce que tout est accessible en ligne ou sous forme dématérialisée.

« A l’heure de la mobilité et de la dématérialisation, la bibliothèque n’est plus de quartier mais semper et ubique » [toujours et partout] , m’écrit un contradicteur.

Qui dit cela ?

Ceux qui ont une pratique avancée d’Internet et du numérique.

Ceux qui observent vaguement sans être usagers des bibliothèques.

Mais aussi certains décideurs : cadres dirigeants, élus, et même ministres. J’ai vu Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture, s’écrier le 3 mars 2006 sur France2 dans l’émission Campus de Guillaume Durand « Avec Internet ce n’est plus la peine d’aller à la bibliothèque ».

C’est la nouvelle représentation sur les bibliothèques, l’idée qu’on s’en fait même si on ne les connaît pas, même si on ne s’en sert pas.

Jadis, une autre représentation dominait. Je ne sais rien de mieux pour l’illustrer qu’une affiche qu’au tournant des années 1980 et 1990 la société Jean-Claude Decaux proposait aux communes pour vanter leur bibliothèque. On pouvait y voir un couple plutôt jeune et bien mis, livres à la main, souriant au pied d’un escalier monumental qui menait à un bâtiment de style XVIIIe siècle. On sélectionnait ainsi un public-cible de jeunes adultes familiers de la culture classique (le bâtiment XVIIIe siècle), laquelle est présentée comme quelque chose de solennel et de difficilement accessible (l’escalier monumental).

Cette représentation était à la fois intimidante et valorisante. Un élu était ainsi honoré, même s’il n’en avait pas d’usage personnel, d’avoir dans ses services une bibliothèque, dont le ou la responsable pouvait compter au rang des notables locaux.

Puis l’invention (très française) du mot « médiathèque» a permis, par une géniale opération de marketing collectif, de rénover l’image de la bibliothèque en la recouvrait d’un nom fleurant bon la modernité.

Mais aujourd’hui que la modernité est en ligne, cette effet est éventé. La nouvelle représentation commune de la bibliothèque est qu’elle ne sert à rien. Ce n’est pas un hasard si la FNCC, qui est la fédération des élus municipaux et départementaux à la culture, a lancé un module de formation d’élus dont le titre était « Faut-il encore construire des médiathèques ? » – je rassure mes lecteurs : la conclusion était que « oui » mais le parti pris était de partir d’une question souvent posée.

Or les bibliothèques, quelle que soit l’érosion des prêts (pas partout), sont toujours fréquentées et utilisées.

A quoi tient donc cette représentation ? A ce syllogisme qui repose sur deux prémisses fausses aboutissant à une conclusion erronée :

  • Les bibliothèques ne servent qu’à se procurer des ressources (texte, image, son)
  • Or toutes les ressources sont maintenant librement accessible en ligne sous forme  numérique
  • Donc les bibliothèques ne servent plus à rien. CQFD.

La première prémisse était déjà contenue dans la première représentation de la bibliothèque (lieu de la collection cultivée) et dans la seconde (lieux de tous les supports) même si la médiathèque diffusait déjà une idée de modernité du lieu lui-même.

Il pose la bibliothèque uniquement comme aubaine pour l’approvisionnement. A ce compte là, un dispositif mondial en ligne fonctionnant 24h sur 24 est d’une autre efficacité ! Mais cette définition, si conforme soit-elle à une certaine doxa professionnelle (la bibliothèque comme collection organisée de documents), n’épuise aucunement la fonction des bibliothèques et médiathèques, lieux  des médiations, des rencontres, de pratiques diverses individuelles et collectives, bref espace publique qui constitue en lui-même un service public (j’y reviendrais dans un prochain billet). Et aussi dispositif d’accès à des collections distances (le réseau) ou même à l’ensemble du web (comme point d’accès) et médiation de tout cela.

C’est pourquoi je suis de ceux qui prennent au sérieux la notion de troisième lieu (après le domicile et le travail) et de son applicabilité aux bibliothèques (voir Les bibliothèques troisième lieu par Mathilde Servet, BBF 2010, n° 4, p. 57-63 ).

On n’explique tout simplement pas la fréquentation actuelle des bibliothèques, pour peu qu’elles laissent de la place aux gens, par la seule fourniture documentaire, même si celle-ci est importante et doit être prise très au sérieux (j’y reviendrai dans un autre prochain billet). Les bibliothèques peuvent, si on y prête attention, des pièces essentielles à la fois du vivre ensemble et du vivre libre dans la ville, le quartier, le village.

La seconde prémisse repose sur un malentendu fréquent. Il n’est pas vrai que tout est accessible librement et gratuitement sur Internet. Ce n’est pas vrai si on ne considère que les pratiques légales. Mais ce n’est également pas vrai si l’on considère l’ensemble des pratiques, légales et illégales.

Dans mes Six hypothèses sur le numérique et les bibliothèques publiques, j’avais montré comment, pour des raisons différentes, l’offre numérique des bibliothèques publiques ne touchait qu’un marché de niche, que la pratique numérique dans le public soit embryonnaire (pour le livre) ou déjà massive (pour le numérique). Ce quoi veut dire que la bibliothèque si hybride soit-elle le reste – et reste sacrément physique. A l’image des librairies et autres lieux de vente de produits culturels et d’information. Et qu’il y a toujours des gens pour vouloir accéder à ces documents physiques, par la bibliothèque ou autrement.

Mais il est vrai que nous assistons progressivement depuis l’invention du web en 1991 à un changement de mode d’approvisionnement ou un changement de source. C’est vrai pour tout ce qui relève de la documentaliste : les moteurs de recherche, dont il est par ailleurs utile de faire la médiation à l’école comme à la bibliothèques, servent à tout un chacun de documentaliste automatique.

Et un certain nombre d’œuvres du domaine public ou dont les auteurs ne font pas commerce sont librement accessibles sur le web, tandis que l’offre marchande sir reporte en partie sur le web, parfois sur une base forfaitaire attirante. Mais l’idée que toutes les œuvres  protégées sont accessible ne serait-ce que numériquement, sans parler de gratuité, est une contre-vérité totale.

En définitive, le rôle documentaire de la bibliothèque se reconfigure.

D’une part, ce qui met définitivement à mal le devoir encyclopédique auquel, de la plus grande à la plus petite, elle croyait devoir s’astreindre, elle doit proposer une offre relative, qui n’a pas besoin de comprendre ce qui se trouve aisément ailleurs, ce qui pour commencer fait disparaître des rayonnages d’encyclopédies. Il n’y a la rien d’autre que la continuation de sa fonction, déployée dans un cadre de service public, d’offre non monopolistique qui avait déjà cette caractéristique auparavant, quoique de façon mois aveuglante.

D’autre part, elle devient le médiateur non seulement de ses propres ressources locales (si c’est ainsi qu’elle fonctionne) mais aussi de celle des autres, par le prêt entre bibliothèques et l’accès à Internet, quand auparavant l’accent était mis exclusivement sur la collection locale organisée (on pourrait dire : organisée localement).

Enfin, cette fonction documentaire, qu’on étend judicieusement au jeu, vidéo ou non, se relativise dans la fonction d’accueil dans les lieux, qu’elle n’explique qu’en partie.

Au bout du compte, une bibliothèque ça sert toujours à quelque chose, à bien des choses d’ailleurs, pour peu qu’on prenne de la distance par rapport à une représentation dont cette idée d’inutilité n’est que le dernier avatar.

Quant à la surface, il n’en faut pas moins bien au contraire, si l’on suit l’adage : « moins de place pour les documents, plus pour les gens ».

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Bibliothèque, politiques publiques, service public

Publié par Dominique Lahary le 20 janvier 2011

Le comité de rédaction de Bibliothèque(s), la revue de l’ABF, a eu la bonne idée de consacré le dossier du numéro 53-54 (décembre 2010) au service public.

Cela donne un ensemble qui ne fait certes pas le tour de la question mais aborde le sujet de différents angles, avec des points de  vue en partie discordants. C’est tant mieux.

Dans mon article intitulé Bibliothèque, politiques publiques, service public , j’ai tenté de mettre par écrit une réflexion que je me suis souvent faite. Je suis frappé de ce que nous, bibliothécaires, allons pour fonder l’utilité des bibliothèques le plus souvent chercher nos références dans un corpus exclusivement bibliothécaire, du Manifeste de l’Unesco pour la bibliothèque publique (écrit part l’Ifla) à la Charte des bibliothèques du Conseil supérieur des bibliothèques .

D’une manière générale, nous produisons notre propre légitimité dont nous pensons qu’elle s’impose en elle-même à nos autorités. Il me semble important de nous replacer dans un contexte de politique publique, dont les bibliothèques ne constituent qu’un segment parmi d’autres.

On voit alors que les bibliothèques, ou dans le domaine territorial la lecture publique, se situent au croisement de politiques publiques locales culturelles, éducatives, sociales, urbaines, etc. Et qu’il est d’utilité publique que les bibliothèques soient instrumentalisées (terme généralement utilisé de façon péjorative), c’est-à-dire soient des instruments au profits de tout ou partie de ces politiques publiques.

Cette approche permet de rendre vain le débat sur les limites de la bibliothèques (est-ce à la bibliothèque de faire ci ou ça, ou même est-ce « notre métier » de faire ci ou ça) ? Si le contexte local fait que la bibliothèque peut servir à quelque chose d’intérêt public, alors pourquoi pas. En d’autres termes, les limites d’intervention ou d’action de chaque bibliothèque ou réseau de bibliothèque ne découlent pas d’une nature a priori des bibliothèques et encore moins de la définition du métier de bibliothécaire, mais de choix locaux de politique publique.

Naturellement, le contexte démocratique impose que ces politiques publiques soient conformes aix principes du service public (égalité, continuité, adaptabilité) et à l’intérêt général, ce qui est l’affaire des citoyens, mais aussi des professionnels dans le cadre de l’aide à la décision. C’est à ce titre qu’ils peuvent représenter une continuité et qu’ils peuvent nourrir leurs recommandation des grandes références sur les bibliothèques, évidemment utiles, pour peu que le lien soit fait avec les politiques publiques locales.

Ce faisant je suis dans le continuité ce que j’écrivais ici, ou là-bas. Et aussi de ma définition des trois métiers.

J’ai aussi écrit pour ce même numéro :

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Si vous voulez travailler dans une bibliothèque…

Publié par Dominique Lahary le 28 décembre 2010

… il y a 10 choses bonnes à savoir

C’est en anglais. D’un certain Ned Potter, de York, Royaume-Uni.

C’est clair et net.

Merci à Pintiniblog d’avoir déniché ça.

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Les bibliothèques et le mille-feuilles territorial, 8 : vers une coordination départements-régions ?

Publié par Dominique Lahary le 24 novembre 2010

Le sort en est jeté : la réforme territoriale  est votée. Le texte établi par la commission mixte paritaire le 3 novembre 2010 puis voté de justesse au Sénat le 9 novembre et largement à l’Assemblée nationale le 17 novembre  marque la fin d’un feuilleton à rebondissement… à moins qu’une alternance en 2012 ne vienne remettre en cause tout ou partie du dispositif qui a désormais forcé de loi.

Résumé de la réforme

Les conseillers territoriaux :

  • Les 3 485 conseillers territoriaux appelés à siéger à la fois au conseil général et au conseil régional seront élus pour 6 ans à partir de mars 2014 au scrutin uninominal à deux tours sur la base d’un canton élargi, défini par décret.

Intercommunalité :

  • Élection au suffrage direct des conseillers communautaires des communes de 3 500 habitants et plus.
  • Création des métropoles (ensemble de plus de 500 000 habitants ou communautés urbaines, hors Île-de-France) avec notamment des compétences sur la « construction, aménagement, entretien et fonctionnement d’équipements culturels d’intérêt métropolitain », cet intérêt communautaire étant défini dans un délai de 2 ans. Par convention, le département peut transférer à la métropole des compétences culturelles, mais uniquement en matière de musée
  • Création à l’initiative des préfets des pôles métropolitains, établissements publics formés par plus intercommunaux rassemblant plus de 300 000 habitants (dont un plus de 150 000 habitants, ou 50 000 habitants s’il est frontalier) « en vue d’actions d’intérêt métropolitain en matière de développement […] de la culture […] ».
  • Les fusions d’intercommunalités et de communes sont encouragées et toutes les communes (sauf dans les départements 91, 92 et 93) devront avoir rejoint une intercommunalité d’ici au 1er juin 2013.
  • Le seuil pour créer une communauté urbaine passe de 500 000 à 450 000 habitants et pour une communauté d’agglomération de 50 000 à 30 000 habitants quand elle comprend le chef-lieu du département. Il ne doit pas y avoir de  communauté de communes de moins de 5 000 habitants sauf en zone montagneuse ou par dérogation préfectorale.
  • Il est établi dans tous les départements un schéma départemental de coopération intercommunale prévoyant une couverture intégrale du territoire par des communautés de communes, d’agglomération, urbaines ou des métropoles et la suppression des enclaves et discontinuités territoriales

Départements et régions :

  • Une région et les départements qui la composent peuvent fusionner.
  • Les départements et les régions perdront leur clause de compétence générale au 1er janvier 2015 mais la définition, de leurs compétences respectives est renvoyée à une loi ultérieure.
  • Les compétences en matière de culture, tourisme et sports peuvent être partagées par les communes ou intercommunalités, départements et régions.
  • Entre mars en juin 2014, les conseils généraux et régionaux peuvent élaborer un projet de schéma d’organisation des compétences et de mutualisation des services. Dans ce schéma, la culture est facultative.

Financements croisés :

  • Les subventions cumulées ne peuvent excéder le taux de 80%.
  • Les conseils généraux peuvent financer tout projet communal
  • Les cofinancements département-régions sont interdits à partir de 2015 pour les communes de 3 500 habitants et plus et les intercommunalités de 50 000 habitants et plus sauf adoption un schéma d’organisation des compétences et de mutualisation des services. Cette disposition ne concerne pas les subventions de fonctionnement dans le domaine de la culture du tourisme et des sports

Quelles conséquences sur la lecture publique ?

Un apparent statu quo :

  • La compétence culturelle étant partagée à tous les étages, la lecture publique peut s’y déployer sans frein légal.
  • Aucun des articles du Code du patrimoine concernant les bibliothèques n’étant modifiés, les bibliothèques municipales (transférables aux intercommunalités) conservent leur base légale et les départements détenteurs d’une compétence obligatoire en matière de bibliothèque départementale de prêt la conservent.
  • Les métropoles ne dépouillent pas les département de leur compétence en la matière, comme on a pu le penser un moment. Mais une éventuelle fusion d’une région et des départements qui la composent entraînerait évidemment une fusion de leurs BDP.

Un développement intercommunal possible :

  • L’achèvement de la carte intercommunale, les éventuelles fusions de communes et d’intercommunalités et l’interdiction (sauf montagne ou dérogation) des communautés de communes de moins de 5 000 habitants donne un cadre à une nouvelle étape possible du développement intercommunal de la lecture publique. Mais rien n’y oblige.
  • La métropole procure un nouvel espace ou peut se pratiquer un transfert partiel ou total des bibliothèques.

Vers un espace départementalo-régional ?

  • Rien n’oblige à inclure la lecture publique dans le « schéma d’organisation des compétences et de mutualisation des service » à la rédaction duquel sont invités les départements et les régions, mais rien ne l’interdit non plus.
  • Cette inclusion sera obligatoire pour autoriser le cumul des subventions départementales et régionales en matière d’investissement.

Conclusion

On dit souvent depuis quelque temps que la question des compétences est dépassée par celle des moyens. C’est que les collectivités territoriales subissent une raréfaction de leurs marges financières par amoindrissement des recettes et progression des charges obligatoires. C’est le co,ntexte dans lequel la réforme territoriale va s’appliquer.

Mais une autre réforme l’a précédée : celle de la fiscalité locale, la taxe professionnelle étant remplacée par une dotation de l’Etat. Cette disposition réduit considérablement l’autonomie fiscale des collectivités territoriales.

Ainsi est réalisée, peut-être plus efficacement par la réforme fiscale que par la territoriale, la transformation des collectivités en agences à qui l’Etat, qui se réserve la stratégie, c’est-à-dire la politique, sous-traite des compétences obligatoires, comme je l’évoquais dans le premier épisode de ce feuilleton.

Dans ce contexte, on a entendu s’exprimer dans les milieux culturels la crainte d’arbitrages en leur défaveur. Cela peut aussi concerner les bibliothèques. Cela peut susciter des appels à une plus grande clarification des compétences en la matière à tous les niveaux : c’est le sens du manifeste de la FILL qui concerne l’ensemble de la politique du livre et exprime notamment une revendication de reconnaissance du niveau régional.

C’est sans doute l‘occasion de dire que, réforme ou pas, conjoncture défavorable ou pas, le développement des services publics n’est guère envisageable sans accepter davantage de coopération, d’avantage de mutualisation, davantage de mise en réseau.

La lecture publique a connu ses trente glorieuses, singulièrement décalées des trente glorieuses économiques qui échouèrent sur la crise pétrolière de 1973, avec une gestion souvent endogène, commune par commune, voire lieu par lieu.

Il est sans doute temps de prendre davantage encore que cela n’a été fait le virage intercommunal : la loi autorise une libre détermination de l’intérêt communautaire et, derrière la palette des solutions administratives qu’elle procure, de faire RÉELLEMENT de la mutualisation et du service en réseau.

Il est temps aussi de confirmer dans le contexte d’aujourd’hui la compétence départementale issue d’une décentralisation effectuée en 1986 sur des bases marquées par le contexte rural, mais aussi avec un principe de rotation des fonds qui mériterait d’être appliqué en dehors de son lit d’origine.

Il est peut-être temps enfin d’explorer plus avant l’espace régional, qui présente la caractéristique de ne reposer sur aucune bibliothèque, mais peut constituer un échelon pertinent d’incitation, de coopération et de mise en réseau. « schéma d’organisation des compétences et de mutualisation des services » entre départements et région ? Et si on répondait « chiche » ?

Il est assurément temps, finalement, de prendre au sérieux ce mot de « mutualisation », en y ajoutant celui de « subsidiarité » qui incite à rechercher à quel niveau chaque action, chaque gestion est la plus pertinente. Car c’est un devoir que de gérer de la façon la plus vertueuse possible un service public qui, pour dépendre de multitudes de politiques publiques locales, l’en repose pas moins sur un maillage objectivement unique.

[Comme tous les billets de ce blog, celui-ci n’engage que son auteur]

Dernière minute : Loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales :

Les dossiers législatifs des assemblées :

Aux entretiens territoriaux de Strasbourg le 2 décembre 2010 à 14h30  :

Les épisodes précédents de mon feuilleton :

Mon article dans le Bulletin des bibliothèques de France n°3, [février] 2010 :

Les bibliothèques dans le millefeuille territorial

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La bibliothèque contre-attaque

Publié par Dominique Lahary le 12 novembre 2010

Le 4 novembre le groupe ABF organisait une journée d’étude intitulée « La bibliothèque contre-attaque : Les services innovants dans les bibliothèques ».

Le programme est ici.

On l’a compris ; le groupe s’est amusé à s’inspirer de la série La Guerre des étoiles pour composer son menu.

Mais l’idée était, si j’ai bien compris, dans une période dont il est banal de reconnaître qu’elle est grosse de mutations radicale, de se dire qu’on était en train d’inventer des réponses, ou de les préparer.

Bibliothèques hors les murs à Chambéry  et démarches auprès de publics ciblés, La mutualisation des moyens en espace rural par les réseaux informatiques, une médiathèque de quartier de Villeurbanne également centre de ressources spécialisé sur la ville et la mémoire ouvrière, le nouveau portail web 2.0 de Saint-Etienne, les jeux vidéo en bibliothèque : autant d’éclairage chacun partiel, ne constituant évidemment pas un catalogue de recettes pour tout un chacun, mais donnant des pistes.

Gilles Eboli a restitué le contenu de son excellent article Des nouvelles du futur (des bibliothèques) paru dans le BBF n 3 de 2010.

Et Olivier Tacheau, directeur du SCDU d’Angers, a décoiffé l’assistance par une intervention roborative dont il fournit un résumé écrit, et qui ne devrait pas seulement inspirer ceux qui exercent en bibliothèque universitaire.

On m’avait demandé d’introduire la journée par une évocation de tout de qui remet en cause la bibliothèque aujourd’hui, puis de tenter une synthèse.

Voici donc La menace fantôme et Un nouvel espoir, sous forme de diaporamas. Un texte viendra peut-être, je ne le promets pas.

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