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Blog professionnel de Dominique Lahary, bibliothécaire

Archive pour 'Politiques publiques' Categorie


DLL : restons groupiert

Publié par Dominique Lahary sur 5 juin 2008

[suite de mon billet du 22 avril]

Le pire n’est pas toujours inéluctable.

Ce communiqué du 28 mai 2008 nous apprend que la ministre de la Culture et de la communication « a décidé de rattacher la politique du livre et de la lecture à la nouvelle direction générale du développement des médias et de l’économie cuturelle », une des trois directions du futur organigramme du ministère.

Ainsi les services ne seraient pas dispersés. Le maintient de cette unité est une bonne chose. Nous verrons bien si l’Etat continue à avoir la structure administrative lui permettant d’avoir une vision stratégique des problématiques du livre d’une part, de celles des bibliothèques d’autre part.

Dans son intéressant article « La fin de la DLL : un deuil lucide » (BIBLIOthèques n°38, mai 2008), Dominique Arot, Président de l’ABF, pose « les vraies questions », : la persistence d’une véritable politique nationale, la production de statistiques, le potentiel d’expertise et de regards transversaux qu’apporte l’Inspection générale des bibliothèque . Prenant acte de la réduction du périmètre d’intervention de l’Etat central, il en appelle à la responsabilité de l’ABF, ce en quoi je le rejoins, tout en diversifiant la référence aux associations, parmi lesquelles l’ABF est naturellement appelée à jouer un rôle irremplaçable.

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Nous voilà nus face à l’Etat

Publié par Dominique Lahary sur 22 avril 2008

Il n’y a plus de DLL au numéro que vous avez demandé.

Le 17 avril, la nouvelle qu’on attendait est tombée : le ministère de la culture n’aura plus de direction du livre et de la lecture. Il n’aura plus que trois directions (patrimoine, création et diffusion, médias et économie culturelle) et le travail de la défunte direction a si peu présidé à la genèse de la nouvelle organisation qu’elle « fera l’objet d’une réflexion complémentaire ».

Le communiqué du ministère précise toutefois que « L’ensemble des professionnels de la culture et de la communication conserveront au sein de chaque direction générale des interlocuteurs sectoriels clairement identifiés ».

C’est une rupture radicale. C’est (presque) la fin d’une présence corporative des bibliothécaires au sein de l’appareil d’Etat.

Longtemps la politique de l’Etat en matière de développement des bibliothèques s’est appuyée sur la présence dans les directions ministérielles de bibliothécaires de profession qui ont proposé des orientations et travaillé à leur mise en oeuvre.

Aurions-nous eu sans cela l’ordonnance de 1945 créant les bibliothèques centrales de prêt ? Aurions-nous eu le « comité interministériel pour la lecture publique » lancé en 1966 par le Président Pompidou ? Aurions-nous eu la grande direction du livre de 1982 et des années suivantes, avec le grand directeur du livre Jean Gattégno ? Cette présence ne fut bien sûr pas tout, mais ces grandes impulsions sont nées de la réaction chimique permise par la rencontre d’une volonté politique et d’une expertise.

Cette présence a permis une continuité dans la politique de l’Etat, avec ses impulsions, ses dispositifs de financement, ses dispositifs de collecte de statistiques et d’évaluation.

Aujourd’hui se pose la question de ce que va survivre de tout cela. N’attendons pas de l’Etat une pensée sur les bibliothèques. L’Etat stratège ne sera pas stratège de ce qu’il réduit à un « secteur ». Mais exigeons au moins ce pour quoi l’Etat est mieux placé que les autres – les statistiques nationales, c’est un minimum. Les études prospectives, c’est indispensable (rappelons-nous l’enquête du Credoc). Et suscitons des politiques sectorielles : les constructions, le patrimoine écrit, la numérisation… - il y aurait aussi beaucoup à dire sur ma musique et le cinéma. Et les bibliothèques numériques, qui les coordonne ? Et la BnF, et la BPI, qui les missionne pour les politiques nationales ? Et l’Inspection générale des bibliothèques, ultime rrempart de l’unité des bibliothèques, qui la saisit et dans quel but ?

Sur le temps long, une longue décadence bien sûr. Démantelant en 1975 la DBLP (Direction des bibliothèques et de la lecture publique), l’Etat se privait d’une cellule de politique unifiée en matière de bibliothèque, avant de faire mine de compenser ce manque de 1989 à 2001, par l’existence du Conseil supérieur des bibliothèques.

Bien sûr, la DLL n’est pas la seule victime de la réforme. A la trappe, les archives, la musique et la danse, les musées. Tout cela est remouliné en trois concepts, quand chacun de ses domaines ressortit à la fois au patrimoine, à la création, à la diffusion, à l’ »économie culturelle. La structure crée la pensée. Que pensera l’Etat ? Il faudra en tout cas, plus que jamais, lui donner à penser, exister face à lui, assumer une continuité que, dans son organisation, il s’apprête à ne pas voir..

Le communiqué en fait l’aveu : « le rattachement des missions de la direction du livre et de la lecture, qui touchent à la fois au patrimoine, à la lecture publique et à l’économie du livre, fera l’objet d’une réflexion complémentaire ». Autrement dit : la cohérence ce des missions n’a en rien présidé à la réorganisation du ministère, et on bricolera après coup pour caser les quelques fonctionnaires encore chargés de ces dossiers.

Lors des rencontres de l’ACIM des 31 mars et 1er avril , j’avais tenté de répondre, en m’exprimant à titre personnel, à la question « Les associations professionnelles peuvent-elles peser sur les pouvoirs exécutif et législatif ? » [textediaporama ]. Je me préparais en quelque sorte à cet évènement attendu en plaidant pour la relation politique aux cabinets ministériels et aux parlementaires.

Nus mais pas abattus.

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Les élections locales sont des élections politiques… locales !

Publié par Dominique Lahary sur 21 janvier 2008

La presse écrite et audiovisuelle bruisse d’une question : les élections locales de mars prochains doivent-elles être «politisées» ? Des organisations politiques, des élus locaux prennent position dans un sens ou dans l’autre, souvent en fonction de considérations tactiques. Parlons du fond.

Ce blog est strictement professionnel. C’est en tant que professionnel de collectivité territoriale que je donne mon point de vue.

Cela fait des mois que, ne songeant guère d’ailleurs à cette échéance, je conclus mes interventions sur le métier de bibliothécaires ou les missions des bibliothèques ou même les enjeux du numérique par une référence aux politiques publiques, seul terrain sur lequel lesdites missions peuvent être fondées.

Ce terme de « politique publique » est bien étrange. Y aurait-il donc une « politique privée » ? Mais je l’utilise comme d’autres pour m’abstraire de ce qu’on appelle généralement la « politique politicienne », qui n’a rien de méprisable ni d’illégitime, mais s’organise a priori en référence à des enjeux d’organisation politique et à des clivages nationaux voir internationaux dans lesquels le technocrate que je suis n’a pas à entrer tant qu’il s’exprime à ce titre. J’écris là encore « technocratie » sans connotation négative et y tiens : le professionnel applique une politique et est force de proposition pour son élaboration. Mais il n’est pas pas détenteur de la légitimité démocratique, il n’est au mieux détenteur que d’une expertise technique.

Sont authentiquement politiques les enjeux relevant de la responsabilité, de la sphère de compétence, obligatoire ou librement choisie, d’une commune, d’un département, d’une région. Ce sont des enjeux de politiques publiques. De politique publique locale. La lecture publique en fait partie. Il est conforme à la démocratie que les citoyens appelés à voter lors d’élections municipales ou cantonales s’emparent de ces enjeux, et non exclusivement d’enjeux très strictement nationaux. Dénier aux enjeux locaux leur qualité politique, c’est réduire le champ de la politique, c’est réduire celui de la démocratie.

Que vivent donc les débats de politique locale. Il arrivera que les bibliothèques et médiathèques y aient leur place : tant mieux !

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Les bibliothécaires ont-ils le monopole du discours sur les bibliothèques ?

Publié par Dominique Lahary sur 21 janvier 2008

Un simple message de moi sur un aspect d’un interview d’un universitaire sur Télérama, révélant à mon sens un malentendu sur le désherbage, a déclenché une série de message dénonciateurs. J’y ai décelé ce que je juge comme un danger : la tendance d’une profession (là nôtre par exemple) à détenir le monopole du discours public sur son champ d’activité.

C’est pourquoi, en même temps d’un texte de fond sur le désherbage, j’ai posté un message intitulé Les bibliothécaires ont-ils le monopole du discours sur les bibliothèques ?

Si la bibliothèque est un objet de politique publique, ceux qui s’en instituent les professionnels ne sauraient en aucun cas prétendre à quelque monopole sur leur présence dans le débat public.

Ecoutez tant qu’il est encore temps cette émission de France-Culture sur la médiathèque comme politique publique : vous y entendrez parler élus et professionnels de façon entremêlée et parfois à front renversé (Travaux publics de Jean Lebrun, émission du 17 janvier 2008 : En direct de Pau, quel avenir pour les médiathèques ?).

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