On entend souvent dire : l’animation a pour but de mettre en valeur les collections, telle collection est un produit d’appel, tel support sert à faire venir des gens.
Je propose de prendre l’exact contre-pied de tout cela et de proclamer qu’un service (proposé par la bibliothèque) est un service (légitime en lui-même) proposé à des publics (qui en jouissent pour lui-même). Un service n’est pas une ruse pour amener les gens à autre chose, il est un service, c’est tout. Et c’est bien.
Une collègue expliquait récemment dans une journée d’étude, en présenta son activité de ludothèque au sein de la médiathèque : nous proposons aux usagers de jouer. C’est juste pour jouer. Il n’y a pas d’autre objectif.
Il est compréhensible que dans le commerce on utilise des produits d’appel pour faire venir les gens et les amener à consommer autre chose. Légitime qu’un éditeur, un libraire comptent sur la vente de best-seller.
Mais nous agissons dans le cadre d’un service public, de politiques publiques. Tout ce que nous offrons est légitime – ou n’est pas offert.
[Voir ici pour dissiper toute ambiguïté]
Dès lors il importe peu que des usagers de certaines animations ne reviennent pas fréquenter la bibliothèque pour autre chose, comme on l’entend regretter. On leur a rendu un service. La bibliothèque est un carrefour de services, et pour cela constitue, dans ses lieux et sur ses sites, des carrefours d’usagers.
S’il ces usagers se croisent et s’enchevêtrent, tant mieux. C’est alors le fait de ces rencontres et croisements qui constituent un service en soi – la bibliothèque outil de lien social.