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Blog professionnel de Dominique Lahary, bibliothécaire

Archive pour 'Révolution numérique' Categorie


Ma main à couper que la bibliothèque est communiste

Publié par Dominique Lahary sur 21 juin 2008

Mercredi matin 18 juin, alors que la ministre de la Culture allait présenter au Conseil des ministres le projet de loi Olivennes ou Hadopi, rebaptisée Création et Internet, j’entends deux commentaires à la radio :

La main coupée

Sur BFM, Olivier Bomsel, dont je trouve éclairante son analyse du Gratuit marchand, même si on peut lui reprocher de ne voir que lui, répond à la question « Êtes-vous pour la coupure de l’abonnement Internet aux contrevenants ? » ceci: « Ce n’est quand même pas la main coupée aux voleurs, quand même ! » Voilà comment, en niant le fait, il l’a reconnu: la sanction prévue par le projet de loi, c’est l’équivalent de la main coupée au voleur de pomme [Podcast].

Le peer to peer, est-ce une bibliothèque ?

Un peu plus tôt, Bernard Maris sur France Inter, rappelle que des éduteurs voulaient taxer le prêt de livre en bibliothèque et dit que s’attaquer au téléchargement c’est comme s’attaquer aux bibliothèques. les emprunteurs/téléchargeurs sont aussi des acheteurs, dit-il en substance.

01.net avait le 12 juin fait les gorges chaudes dans son billet intitulé Les ex-communistes suédois veulent légaliser le piratage ; « Le partage de fichiers, c’est un peu comme les bibliothèques publiques. Il fallait oser la comparaison. Le Swedish Left Party (ex-parti communiste suédois) n’a pas hésité à faire le rapprochement. »

J’avais lu une remarque de ce genre en pleine bataille de la loi DADVSId ans le commentaire d’un internaute au billet L’avenir des bibliothèques du 1er avril 2006 du député Christian Paul sur son blog Culture numérique :

Le dimanche 2 avril 2006 à 10:30, par Benjamin Thominet
Une communauté P2P n’est-elle pas une sorte de gigantesque bibliothèque?
- c’est ouvert au public
- sans but commercial ou économique direct ou indirect
Vous voyez où je veux en venir ?

Est-ce si saugrenu ? Ça l’est si on considère le fonctionnement : politique d’offre documentaire d’intérêt public d’un côté, mise à disposition anarchique et réciproque entre internautes d’autre part. D’un côté, si l’on veut pousser l’analogie, le communiste étatique (de bas en haut). De l’autre le communisme libertaire, sans Etat.

Mais l’on se place du point de vue de l’usager, indifférent au système institutionnel, cela revient au même. cela m’avait permis, lors de la journée Image et son en bibliothèque : Bilan et perspectives à l’heure du virtuel, organisée par la CoBB et l’ACIM à Nantes le 6 avril 2006 [il faut que je mette en ligne mon support] de développer pour la première fois le thème suivant : il existe un « système bibliothèque global », dont la bibliothèque institutionnel ne constitue qu’une partie.

Olivier Bomsel, après son aveu sur la main coupée, a d’ailleurs crié au communisme. Du calme. Tout cela se passe dans un contexte d’économie marchande, mâtinée de service public et d’échange-don (comme on dit en anthropologie).

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La bibliothèque vous en donne moins ?

Publié par Dominique Lahary sur 22 avril 2008

En cette époque où l’on cherche la « valeur ajoutée » de la bibliothèque parce qu’elle se trouve concurrencée comme agent de diffusion, je suis frappé par certains discours professionnels qui aboutissent à défendre… la « valeur diminuée. »

L’insistance sur la sélection, comme geste bibliothécaire, très souvent défendue dans une logique auto-justificative (« on a envie de… », « notre métier c’est de… »), peut tourner à la justification du « moins ». Rappelons-nous que notre désir n’est pas la mesure de notre utilité publique.

Ainsi, les fournisseurs numériques auxquels nous pouvons avoir à faire preuvent nous proposer des catalogues entiers, quand notre atavisme nous commande de choisir titre par titre. Sans ce choix, notre travail ne vaudrait rien et nous n’aurions pas de politique documentaire.

Ainsi, il faut que la bibliothèque vous en donne moins pour exister.

C’est à mon avis ne rien comprendre à l’ère d’abondance que permet le numérique.

La recommandation, d’accord ! celle des bibliothécaires, celle que les bibliothécaires permettent par les interfaces qu’ils mettent à la disposition du public, celles que les gens organisent comme des grands. La recommandation, c’est à dire donner quelques repères dans l’abondance autorisée.

Mais la sélection négative (je ne fournis que ce que j’ai sélectionné), dans un contexte d’abondance, c’est ramer à contre-courant avec une petite cuillère. La sélection titre par titre quand on peut avoir tout forfaitairement, c’est de la Préhistoire.

Déjà le web avait suscité dans les bibliothèques la constitution de signets dont la pire espèce était la liste de sites en dehors desquels il était interdit de naviguer. Et on a toujours l’occasion d’avoir honte de certains web de bib. Je crains que ce type de réaction ne perdure au fur et à mesure que la société numérique se développe.

La bibliothèque de la rareté existe toujours, elle est facile à comprendre. La bibliothèque de l’abondance, nous avons à la construire. Elle n’est pas aisée à concevoir. Mais je ne crois pas que nous ayons le choix.

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Un métier hybride à la carte

Publié par Dominique Lahary sur 30 janvier 2008

Le 26 novembre 2007, le groupe Paris de l’ABF organisait une journée d’étude intitulée Bibliothèques hybrides, bibliothèques à la carte : quel impact sur l’organisation et le fonctionnement ? dont les présentations sont publiées. Je suis intervenu sur le thème Un métier hybride à la carte ? De l’idéologie professionnelle au recrutement.

J’y propose de ne plus considérer la constitution, le traitement et la mise à disposition de la collection locale comme le centre de la culture professionnelle. Je plaide également pour une diversification des profils et métiers dans les bibliothèques.

J’ai eu plaisir à citer cette phrase d’Alain Caraco, qu’il m’avait glissée oralement lors d’une rencontre, et qui a reproduit par Livres-Hebdo n°714 (décembre 2007) puis Bibliobsession :

«Les ressources numériques externes ne sont pas une partie de nos collections. Ce sont nos collections qui sont une partie des ressources que nous mettons à la disposition des étudiants.»

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La place de la médiathèque dans le système global de diffusion culturelle

Publié par Dominique Lahary sur 21 janvier 2008

Concluant la journée d’étude du 31 mai 2007 organisée par le Conseil général du Val d’Oise, l’association Cible 95 et l’Adiam Val d’Oise sur le thème La médiathèque dématérialisée, 1: la musique, j’ai repris sous le titre La place de la médiathèque dans le système global de diffusion : un nécessaire repositionnement la problématique proposée à la journée d’étude de la COBB du 6 avril 2006 Image et son en bibliothèque : Bilan et perspectives à l’heure du virtuel (dont les actes ne sont pas en libre accès) :

« Tout se passe comme si la société entière assumait la fonction bibliothèque : rechercher, s’approprier, commenter, décrire, etc. Ces fonctions sont remplies par une sorte de bibliothèque globale, sur Internet, notamment par les grands acteurs économiques, mais aussi par les internautes entre eux. Dans ce système bibliothèque global, il convient de trouver la place relative de la bibliothèque. »

Ainsi que mon analyse des usagers différenciés de la médiathèque :

« Mettons-nous […] du point de vue de l’usager-consommateur. Ce qui frappe c’est la diversité des modes d’appropriation :

  • un texte narratif est lu une fois de bout en bout, parfois deux ;
  • un texte court informatif est trouvé vite, lu vite, copié tout aussi vite ;
  • la musique, depuis l’invention du walkman à la fin des années 1970, fait l’objet d’une consommation répétitive et nomade ;
  • le cinéma suit le même chemin. »

Je montre que ces logiques d’usage, qui perdurent, expliquent successivement l’effet d’aubaine qu’a représenté la médiathèque et le fait qu’on puisse aujourd’hui s’en passé. J’en déduis « la fin du mythe brisé de la médiathèque », le mythe (mobilisateur, donc utile) ayant été la fusion des supports, des usages et des publics, que nous voyons aujourd’hui démonté pan par pan. Fin d’un mythe, et non fin d’un service de haute utilité publique qui continue à porter ce nom, bien sûr !

Bruno David a réagi à cette journée, principalement à mon intervention, dans un texte du 14 juin publié par l’ACIM. Il m’y faisait passer pour quelqu’un qui construit l’histoire des bibliothèques à partir de la seule technique. Je viens de lui répondre sur le même site sous le titre La réflexion continue, l’action aussi. Pour démentir ce qu’il me fait penser, mais aussi parce qu’il est bon de faire vivre le débat entre des positons très opposées… qui m’évoque irrésistiblement l’opposition proposée par Nicolas Morin entre croyants et non croyants dans son billet Crise moderniste dans l’église bibliothéconomique du 16 décembre 2007.

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Le rôle du bibliothécaire à l’âge de l’accès

Publié par Dominique Lahary sur 23 août 2007

Du rayonnage au fonds virtuel : bibliothèque et documentation à l’âge de l’accès, FULBI, ADULO et Club 2E, Paris, 8 janvier 2007 :
Le rôle du bibliothécaire à l’âge de l’accès

La fédération des utilisateurs de logiciels de bibliothèque m’avait fait un beau cadeau en me proposant ce sujet. Mais j’ai raté mon intervention. Temps mal maîtrisé, réflexion inaboutie. J’ai retravaillé la matière pour cette version écrite où, poursuivant ma réflexion sur l’abondance et la rareté lancée sur biblio-fr puis devant les élus de la FNCC. J’indique dans le schéma final qu’à l’instar de l’Internet marchand, les bibliothécaires doivent faire mouvement vers l’économie de l’abondance. Ce qui ne va pas de soi.

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Dématérialisation, désintermédiation et abondance : Les bibliothèques au défi du numérique

Publié par Dominique Lahary sur 23 août 2007

Quelles politiques publiques pour les bibliothèques à l’ère du numérique ?, colloque de la FNCC et le la ville de Monceau-les-Mines, Monceau-les-Mines, 24 novembre 2006 :
Dématérialisation, désintermédiation et abondance : Les bibliothèques au défi du numérique

J’ai voulu lors de ce colloque organisé par et pour des élus locaux jeter un regard lucide sur la place que peut prendre la bibliothèque publique dans l’univers numérique, reprenant les idées lancées en juin 2006 dans biblio-fr. Je concluais : « C’est le temps de la segmentation et des marchés de niche. On ne peut avoir l’ambition de tout procurer à tous les publics. Dans cette incertitude, quelle est la clé qui permet d’entreprendre, de décider, de définir des objectifs ? C’est tout simplement la politique. Ce sont les politiques publiques. Les politiques publiques locales. »

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Entre matière et dématérialisation, entre rareté et abondance

Publié par Dominique Lahary sur 23 août 2007

Message à la liste de diffusion biblio-fr, 8 juin 2006
Entre matière et dématérialisation, entre rareté et abondance

C’est pour moi un texte charnière, que je vais décliner ensuite dans Dématérialisation, désintermédiation et abondance : Les bibliothèques au défi du numérique et Le rôle du bibliothécaire à l’âge de l’accès.

J’ai voulu lier le thème de la dématérialisation aux notions économiques d’abondance et de rareté. La rareté est au fondement de l’économie. Et les bibliothèques sont dans l’univers de la rareté. Or, une économie de l’abondance semble naître. Il n’est pas facile d’y faire sa place.

J’ai voulu aussi, poursuivant les réflexions entamées dans Bibliothèque et concurrence : par quel(s) bout(s) prendre la question ?, rappeler que l’usager consommateur met en concurrence les sources d’approvisionnement. Mais j’ai ajouté la notion de logique d’usage (qui n’est pas le même pour un texte narratif lu une fois dans sa vie ou pour ma musique, pratique répétitive et nomade). J’en conclus que la bibliothèque représente un effet d’aubaine pour certains types d’approvisionnement.

Interne bouleverse les effets d’aubaine, comme le montent les exemples de la musique ou de l’information documentaire courte.

Le mythe unitaire de la médiathèque (tous les publics, tous les supports), qui niait la différence des logiques d’usage, s’écroule pan par pan. J’en déduis la fin du cycle de la médiathèque, cycle prodigieusement fécond, qui laissera peut-être la place à la bibliothèque du futur.

Je croyais que j’allais recevoir des objections du côté des bibliothécaires musicaux. Mais ce fut le secteur du livre électronique qui se senti visé, parce que j’avais parlé de marché de niche et rappelé mon intuition de 1994 (« Ainsi le livre pourrait-il, pour des raisons techniques et quoi qu’on souhaite par ailleurs, (re)devenir l’essentiel de l’offre des bibliothèques »), avec les répliques de deux personnes que j’estime : celle de Denis Zwirn, président de Numilog, et celle d’Alain Patez, de la bibliothèque municipale de Boulogne-Billancourt, plaisamment intitulée Au secours le livre revient !

Je ne nie pas les grands avantages des livres électroniques et maintiens qu’ils correspondent pour l’instant à des marchés de niche, ce qui est à la fois noble et prometteur. Ceux qui y ont cru dès le début (je n’en suis pas) auront rendu de grands services.

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Adieu au papier ?

Publié par Dominique Lahary sur 23 août 2007

Transversales, dernier numéro imprimé, janvier 2006 :
Adieu au papier ? [tiré à part personnel]

Un petit hommage au papier qui disparaît/survit, paru dans la dernière livraison sur papier de Transversales, la revue de l’ADBDP. Au passage, hommage à Stanislas Lem.

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Numérique, bibliothèques, utilisateurs : Un nouveau paradigme ?

Publié par Dominique Lahary sur 23 août 2007

Bibliothèques numériques : où en sommes-nous ?, journée d’étude de l’ABF, BnF, 10 octobre 2005
Numérique, bibliothèques, utilisateurs : Un nouveau paradigme ? [diaporama]

Je regrette de n’avoir jamais rédigé de version écrite de cette intervention dont ne reste que le diaporama. Cette journée de l’ABF clôturait un cycle sur “Les bibliothèques au coeur de la société de l’information” et les diaporamas des autres intervenants sont à consulter (Christian Lupovici, Isabelle Antonutti, Michel Fingerhut, Stéphane Ipert et Marie-Elise Fréon).

Posant la question “ce que les moteurs ont changé” [pour les bibliothèques] j’identifiais cinq révolutions : On cherche partout à la fois, On cherche avec ses propres mots, On veut de l’information primaire, On fait tout avec le même outil, On veut accéder de chez soi, de partout. Olivier Ertzscheid a bien voulu en rendre compte dans son blog Affordance et Martin Lessard prolonger la réflexion dans son blog Zero secondes.  J’au voulu également d’expliquer pourquoi la bibliothèque hybride était à mes yeux un concept utile et dangereux : “Ce n’est pas tant la bibliothèque qui s’hybride que la société, par conséquent la notion de bibliothèque hybride [serait-elle une] dernière tentative pour garder le contrôle [imaginaire] ?”

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Bibliothèque et concurrence : par quel(s) bout(s) prendre la question ?

Publié par Dominique Lahary sur 23 août 2007

Publics : quelles attentes ? Bibliothèques : quelles concurrences ?
Actes publiés en ligne en juillet 2005 par la BPI du Colloque organisé le 24 juin 2004 à la BnF par l’Observatoire permanent de la lecture publique à Paris et Médiadix, BnF,  :
Bibliothèque et concurrence : par quel(s) bout(s) prendre la question ?
Tiré à part personnel

Compte rendu : Publics : quelles attentes ? Bibliothèques : quelles concurrences ? / Doury-Bonnet Juliette, Bulletin des bibliothèques de France, 2004, n° 5

Cette intervention représente pour moi un deuxième choc intérieur, après celle prononcée en 2004 sous le titre Du profil de poste au métier. La préparant, j’ai vraiment pris conscience qu’en se plaçant radicalement du point de vue du public, la bibliothèque n’était qu’un élément parmi d’autre d’un système de concurrence. J’en déduirais plus tard qu’elle est dans le marché, contre une conception commune de la bibliothèque comme hors marché. Je ne l’en retire pas pour autant de l’action publique !

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